Archive pour la catégorie ‘Hong Kong’

13 & 14 décembre : back to Paris Montsouris

Dimanche matin, retour à la case départ… au fret Cathay Pacific pour expédier – il a fallu 3 bonnes heures – les tout juste 100 kg de matériel… qui, miracle de la technique moderne, arriveront à Roissy avant nous…

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…Michelle avec Thomas, là, au fond, à droite, au bout du rouleau…

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…Chantal et Michelle… après 2 mois de métro, boulot, et pas beaucoup dodo… il est temps de rentrer…

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…dernière montée à Shui Hau… dans 3 heures… un taxi nous emmène à l’avion…

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OUI, J’AI photographié la Burj !

… à l’escale à Dubaï, après 9H de vol, il est 5H30 du matin… pourtant l’énorme et monstrueux duty-free est déjà entré en éruption… montres Rolex, parfums Dior, tailleurs Channel, sacs Vuitton et autres crèmes Loréal s’échangent déjà à prix cassés – et néanmoins d’or – contre des liasses de billets de tous les pays… ignorant horloge et fatigue des voyageurs…
…à l’horizon, à travers les vitres de l’aéroport où nous sommes malheureusement confinés, se dresse l’aiguille de la Burj Dubaï – que vous prenez  peut-être à tort pour l’antenne radio de l’avion sur la  photo – la tour la plus haute du monde (et de loin) avec ses 818 mètres.

Un deuxième avion nous parachutera finalement (c’est une image là, hein…) à Roissy Charles-de-Gaule après 7H de vol sur le coup de 12H35 locale… gasp .. il fait 30 degrés de moins qu’hier à la même heure… choc…
Après la récupération des bagages et une bonne heure de taxi, ce sera… enfin… la maison… ouf…

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…après 24 H de voyage porte à porte…

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…nous sommes un peu défaits… mais heureux…

…demain il faudra aller chercher les 100 kg de fret à Roissy… vider les valises, déballer les cartons, puis ranger tout ça… ouvrir la pile de courrier qui s’accumule depuis deux mois… mais demain est un autre jour…

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Foon, Oskar et Thomas

Un énorme merci à notre famille hongkongaise pour sa gentillesse, son aide et sa patience !!!

Et rendez-vous en 2010 pour une grande exposition « Made in Hong Kong » !!!

12 décembre : Pour la route…

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Comme d’habitude, elle se plie, mais à la huitième semaine du marathon, elle est à deux doigts du « Divantalvic« .  Autant dire que c’est la fin. Elle remballe.
Elle roule les toiles. Les carrées. Les grandes. Les longues  et les verticales ensemble. Trois longs rouleaux.
Elle est contente. Elle a son compte. De toiles, d’images plein les yeux, de coulisses pas fréquentables d’une ville qui prend l’énergie de tout ce qui lui frôle le  béton.
Elle a son compte et ne se plaint pas, ni des temps de transport trop longs, des journées et des nuits trop courtes, des rues trop polluées, des idées de vacances abandonnées : Canton, Guilin… même Shanghai. Le manque de temps aura bouffé ses vacances, pas ses toiles. Ce n’est pas grand-chose.
Elle se plie et les lombaires protestent, pas contentes d’avoir échappé au massage, pourtant de rigueur dans ce pays où le nirvana vous fait retrouver pour une minuscule pincée de dollars la  verticalité du fil à plomb.
Elle se plie, entoure les rouleaux de toiles d’une épaisse bâche plastique de tous les bleus, étiquette chaque tube ainsi confectionné… pour la route par les airs.
La peinture non utilisée servira au barbouillage des mômes dans une école. Elle a « signé » et « marqué » deux toiles qui restent à Hong Kong,
Ce ne pouvait être celle peinte le 19 novembre à Aberdeen, le jour où Corinne est partie rejoindre le sable d’une île des Maldives. Cette toile-là, elle venait de la finir lorsque je l’ai appelée pour lui dire que Corinne avait lâché prise.

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La dernière toile peinte pendant que Corinne était encore en vie, elle y tient trop. Alors, elle l’emporte, celle-là, elle ne pèse pas du même poids, toute roulée qu’elle est avec les autres. Ce sera ça, aussi, Hong Kong, une fois pour toutes, l’endroit où elle se trouvait quand Corinne, l’amie, la plus que sœur, qui écrivait pour elle et aimait ses toiles, s’est barrée de la planète.
Elle serre bien la dernière bâche.
L’expo Made in Hong Kong pèsera un peu moins de 100 kilos dans le ventre du cargo, 68 milliards d’octets pour les photos et 230 milliards pour la vidéo dans les disques durs de l’ordinateur, des années dans l’agenda des souvenirs. Elle aura l’inoubliable gaieté d’une sacrée fiesta quand elle dévoilera tous ses dessous.
Le voyage ici va recommencer dans quelques mois là-bas.
En compagnie d’une valise, d’un carton géant contenant les deux lampes-studio achetées dans une quincaille de Hong Kong, des livres, l’imprimante, les trois tubes de toiles disparaissent dans la pénombre javellisée de néons d’une ville-entrepôt où les conteneurs semblent aussi hauts que les immeubles de la baie de Hong-Kong.
Elle se redresse machinalement, à nouveau droite comme un  I, en zoomant sur la tôle couleur pistache d’un cube où de grandes lettres blanches prétendent faire concurrence à ce qui restera toujours de son séjour ici: MADE IN HONG KONG.

Chntal Pelletier

Site Internet de Chantal : http://chantalpelletier.free.fr
Le blog de Chantal : http://chantalpelletier.hautetfort.com/

Rencontres avec des arbres remarquables

Dans cet univers implacable de béton, malgré le smog, malgré les gaz mortels, envers et contre tout, la nature résiste encore et toujours à l’envahisseur… partout où c’est possible, partout où c’est impossible… d’étranges créatures en forme d’arbres nous interpellent, surgissant des murs, du ciment, du béton… se repaissant des eaux sales et de nos restes… de quoi rester optimistes finalement… un peu plus loin, ce que nous prenons à tort pour des chimères d’arbre nous menacent de leurs tentacules dignes du kraken de la légende nordique… houlala…

10 décembre : ultimes retouches avant expédition

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Victoria Harbour by night – acrylique sur toile 150 x 150 cm

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Victoria Harbour – acrylique sur toile 150 x 150 cm

Plus que 2 jours pour tout emballer… les peintures sont prêtes à rouler… puis ce sera l’expédition au fret samedi si tout va bien… demain, rangement, shopping de dernière minute et banquet chinois avec les cousins Hongkongais de Charles…

9 décembre – tournée générale…

Chantal est partie pour deux jours à Canton où elle doit intervenir dans le cadre d’une rencontre littéraire à l’Alliance Française.
Michelle doit absolument terminer deux peintures pour vendredi…
Charles trie les photos de Macau et rédige le roadbook…

Ambiance studieuse toute la journée…

Le soir, nous filons au célèbre marché de nuit de Temple Street à Kowloon et plus exactement dans le quartier de Yau Ma Teï. Les touristes y sont attendus de pied ferme… et jusqu’à minuit, avec une camelote de rêve… vaches qui font « meuhhhh », cocottes qui font « pouet », sacs de toutes sortes en vinyl (dites 33), pachminas authentiques à 3 euros pièce, poupées russes néanmoins chinoises, baguettes argentées, dorées, platinées, vêtements typiquement chinois – sauf que vous n’avez encore vu personne dans la rue habillé comme ça…
Il y a même une rue adjacente avec enfilade de barnums garnis de tous les sex toys possibles et imaginables (et même inimaginables) et encore une autre, réservée aux diseurs de bonne aventure.
Nous nous gardons bien de solliciter leurs services tant nous sommes convaincus d’avoir épuisé notre quota à Macau.

Michelle craque quand même pour un téléphone rose à talon haut et diverses babioles très utiles comme une calculatrice au format 21 x 29,7, des pinces à cheveux maousses en forme de Mickey et quelques articles top secrets « spécial » cadeaux de Noël…

Nous dînons dans le premier restau venu avant de nous rendre compte, après-coup, que nous aurions dû choisir le deuxième ou le troisième…
On nous sert des escargots – de mer, quoique -  noirs et lisses, bourrés de sable… immangeables, des calamars grillés très moyens, des pétoncles à la vapeur et à l’ail ainsi que des fried noodles qui rattrapent un peu l’affaire… le tout sur une table bien collante en formica imitation bois, mais nous avons désormais l’habitude…
Nous préférons ne pas toucher à la théière en plastique jaune virant sur le crasseux, et nous buvons l’eau et la bière à la bouteille parce que les verres, là, ça ne le fait pas vraiment…

Nous nous prenons un temps (seulement) pour des inspecteurs critiques gastronomiques du Gault et Millau… et arpentons le quartier en gardant un oeil sur les restaurants côté cour et aussi côté jardin…

…et hop, tournée générale ! …et bon appétit !

8 décembre : Macau… de l’autre côté du miroir…

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Au pied des casinos, des dizaines de préteurs sur gage s’exposent, en même temps que les montres et autres bijoux échangés contre quelques billets à des joueurs invétérés… donc perdants…
Morale de l’histoire, le jeu, ça ne vaut pas un clou…

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…à l’approche de Noël, on surprend la ville en flagrant délire…

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…nous ne nous attardons pas devant certaines vitrines des vieux quartiers macanais…

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…malgré notre prudence, nous nous accrochons avec une bande de Chinois…

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…attention, il faut savoir qu’ici à Macao, en cas de différent… on sort la quincaillerie…

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…un peu plus loin, nous observons discrètement un groupe de poules de luxe qui s’offrent une scéance d’UV à l’oeil et en musique, à l’écoute d’un « Radio Crochet » quelconque…

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…un quartier super-branché en somme…

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…ou alors à la dérive ?

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…parlons-en de dérive, car il est grand temps de reprendre le bateau pour Hong Kong…

…il pleut toujours sur Macau…

8 décembre : l’affaire du 22 à Macau

Mauvaise pioche… au matin, il pleut toujours… tant mieux… car c’est notre jour de chance, nous en sommes tous les trois convaincus !

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Nous filons vers l’élancé et élégant « Gran Lisboa » car Chantal a une mission de la plus haute importance à remplir. Le héros du nouveau roman de Tito, l’Amoureux de Chantal, joue le 22 au casino… et elle doit vérifier si ça marche…

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C’est dans une petite salle comme celle-ci que nous avons décidé de tenter notre chance… mais comme il est interdit de prendre des photos à l’intérieur des salles de jeu…

Nous décidons de changer chacun 200 HK$ (environ 18 euros) et de les confier, éperdus d’espoir, à la roulette (qui pour une fois n’est pas russe)… Charles suggère même de mettre le tout sur le 22 d’un coup, soit 600 HK$, comme ça, en cas de succès le gain se monterait à la somme respectable (car il y a déjà 3 zéros, vous voyez) de 21 000 HK$, ce qui commence à ressembler à quelque chose… même si cela ne fait finalement qu’un  misérable 1 900 euros (nettement moins spectaculaire sur le plan des zéros)…

La prudence l’emporte et nous laissons Chantal aller au charbon en solitaire… elle place un jeton de 100 HK$ sur le 22…

L’infâme croupier écarte avec mépris le jeton de 100 HK$ en marmonnant à notre intention, une sorte d’incantation magique en chinois, sensée répondre à nos interrogations… la roue tourne… nous essayons d’imprimer… sans succès… la boule est lancée… d’autres joueurs misent sous nos yeux exorbités… au bout de quelques secondes, des heures… nous finissons par comprendre que nous ne pouvons miser nos jetons jaunes sur un numéro plein. Il nous faut convertir nos jetons de 100 HK$ pour des jetons de 20 HK$ d’une couleur attribuée personnellement à chaque joueur, pour éviter toute contestation en cas de gain sur un numéro entier (35 fois la mise)… la roue tourne toujours…  d’autres joueurs misent allègrement des jetons jaunes sur les chances simples (pair/impair, noir/rouge, passe/manque etc), mais ça, c’est permis…  un peu énervant non ?
…bon OK d’accord, on va les changer ces jetons… parce que nous… ce qu’on veut… c’est miser sur le 22, un point c’est tout.

Nous tendons nos jetons jaunes au croupier malfaisant… mais là, pas de pot… les jeux sont faits… alors tintin… il faudra attendre le prochain tour…
…qu’à cela ne tienne, nous disons-nous avec philosophie, nous attendrons…

Le 22 sort…

7 décembre – Macau en taxi de nuit…

Epuisés par tant de beauté nous décidons d’abréger nos souffrances. Nous renonçons à aller perdre nos économies au casino du coin et prenons un taxi pour rentrer à la Pusada de Mong Ha, non sans avoir fait halte dans un « Comidas e Bebidas », sorte de restaurant portugais – et néanmoins décevant – dans l’île de Taïpa. Heureusement, il y a un pont et même plusieurs entre Macau et Taïpa, parce que hein… le bateau… y en a un peu marre là…

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Trempés par les quelques minutes d’attente du taxi devant le « 7 Eleven » (mini-market américain) du coin, nous empruntons le « Ponte de Sai Van » dont les piles évoquent curieusement par leurs formes et proportions celles du Brooklyn Bridge… mais bon, la ressemblance s’arrête là, hein…

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Nous parvenons péniblement à arracher quelques médiocres images de nuits à la ville depuis le taxi d’un Macau toujours sous l’averse…

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…arrivés à la Pusada de Mong Ha, ce sera une petite course de lévriers à la télé – parce que quand même, on est à Macau, quoi – et au lit… demain sera (peut-être) notre jour de chance…

7 décembre – moving to Macau…

C’est bête, pour traverser l’embouchure de la Rivière des Perles qui sépare Hong Kong de Macau, nous devons aller d’abord à Hong Kong Central par bus et le ferry,  prendre un taxi pour changer d’embarcadère, et prendre un nouveau bateau – turbo il est vrai – en sens inverse…

Partis à 9H30 de Shui Hau sous une pluie battante, nous arrivons à 13H à Macau sous une pluie… pénétrante… moins de 40 km en 3H30, on a vu mieux…

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…première vision de Macau – le Ponte de Amizades entre Macau et l’ïle de Taïpa – tout est gris, plat… on y voit rien…

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…et c’est le débarquement…

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…après quelques menues formalités… (« ausweis bitte » version macanaise)…

20091208-img_6436-2… nous filons à la portugaise (anglaise locale) vers la file des taxis en compagnie de futures célébrités du cru…

20091208-img_6439-2…particulièrement sensibles à la température polaire de 18° qui règne en cette saison…

Petit réconfort, la Pousada de Mong Ha, autrement dit l’école hôtelière de Macau où nous sommes descendus est nickel/chrome. Des chambres doubles qui ressemblent à des suites…

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…des lits aussi larges que longs, avec oreillers dont on peut choisir auprès de la réception entre trois degrés de « moelleux », ordinateur dans les chambres avec Internet (et qui fonctionne  du premier coup !), TV full HD avec chaînes cablées locales – pour les courses de lévriers – et internationales (sauf France 24 bien sûr), douche avec massage thalasso, service avenant et impeccable… bref le rêve…

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Nous filons déjeuner au Clube Militar de Macau, l’ancien mess des officiers portugais rénové impeccablement en 1995, juste 4 ans avant la rétrocession de Macau à la Chine en 1999 ,qui demeure un Club très sélect dont seul le restaurant est ouvert au public, mais ça tombe bien car c’est cela qui nous intéresse…

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…bel endroit – à l’ancienne avec ventilateurs au plafond – excellent buffet avec morue conseillée, sinon obligatoire (une recette différente chaque jour comme il se doit)…

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…magnifiques peintures au mur – désolés, nous n’avons pas le nom du peintre…

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…bref, zéro fautes…

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…et en sortant… bingo !

…nous nous retrouvons face au monstre…

…c’est le « Gran Lisboa »…

…mais ceci est une autre histoire…

(comme nom, ça fait peur non ? on entendrait comme le « grand lisse boa »)

6 décembre : L’énigme du dimanche… Chantal livre quelques indices…

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Je suis Philippine. Ce n’est pas un prénom mais une nationalité.
J’ai de la chance. Je gagne 4000 dollars Hong Kong par mois (350 euros) alors que le salaire minimum est de 3750 (328 euros). Je suis nourrie, enfin, on me donne en plus 400 dollars HK par mois (35 euros) pour que je puisse m’acheter des choses de chez moi et manger chez mes patrons.
J’ai de la chance. Sous leur maison, ma chambre est propre. Petite et pas très claire. Mais j’ai récupéré deux lampes sur lesquelles j’ai posé des tissus roses. J’ai un lavabo avec une douchette et des toilettes. J’ai une jolie natte à côté du matelas, et ma collection d’images.
J’ai de la chance. Mes patrons ne me battent pas. Monsieur n’essaie pas de me coincer pour fourrer ses pattes partout dans mes dessous, j’en connais pourtant beaucoup qui sont moins chanceuses que moi. Madame pleure souvent, personne ne sait pourquoi, même pas elle. Ses deux enfants la fatiguent. Ils font effectivement beaucoup de bruit, parce que l’appartement n’a pas de dehors, et que c’est difficile pour eux, l’école, pas de famille pour faire des fêtes et la ville tellement serrée qu’il y a jamais nulle part où s’arrêter.
J’ai de la chance. J’envoie 3500 dollars HK par mois à mon père et ma mère qui s’occupent de ma fille. Elle a quatre ans et demi. Tous les ans, on me paye un billet pour que je retourne chez moi. Comme ça, je vois mon bout de chou grandir et je la gâte avec mes économies.
J’ai de la chance. J’en connais beaucoup, des Philippines, qui sont au Moyen-Orient, dans des pays sans salaire minimum pour nous, sans assurance, sans transport. Certaines disent que Hong-Kong, c’est trop dur, c’est vrai, c’est plus dur qu’ailleurs, mais c’est mieux pour nous.
J’ai de la chance. J’ai congé tous les dimanches, c’est obligatoire, et, après l’office à la Methodist church de Johnston road, je retrouve mes copines à Central. Comme on sait pas où aller, on s’installe par terre, où on veut. Là, on pique nique, on papote et on joue aux cartes. Tous les deux mois, on envoie des gros ballots de tissus, de vêtements, de lampes, de radios, de téléphones… à nos familles. Des choses récupérées dont les patrons veulent se débarrasser et ça fait des sacrés pactoles. On fait ça tous ensemble avec des transporteurs qui ont l’habitude de nous et nous d’eux.
J’ai de la chance. Tous les dimanches, on s’amuse bien avec mes copines, assises sur nos cartons dépliés et nos tissus de couleurs étalés par terre. On a notre coin sous le grand building d’HSBC (c’est drôle, il parait que c’est une des banques les plus riches du monde, on se demande à quoi ça sert, je suis sûre que le dimanche, ils rigolent moins que nous !!). Tess est très bonne cuisinière, c’est elle qui fait les meilleures gamelles, et c’est moi qui réussis le mieux les gâteaux.
On a de la chance. Les rues sont barrées pour qu’on soit tranquilles, ils sont gentils avec nous, il faut dire qu’on est très nombreuses (je dis nombreuses, car il y a très peu d’hommes, un sur cent peut-être, c’est des chauffeurs en général), on est donc très nombreuses, plus de 100.000 à se retrouver comme ça le dimanche, certains disent 200.000, et même 300.000, il faut dire qu’il y a aussi les Indonésiennes et les Sri-lankaises, nous on dit les musulmanes, qui se retrouvent du côté de Victoria Parc.
On a de la chance. Il parait que ce genre de chose n’existe nulle part ailleurs. C’est normal, ici, la ville est tellement compressée qu’il faut bien empiler les choses et les gens. Tess prétend que s’ils nous laissent tranquilles le dimanche, notre jour de fête, le seul jour, c’est parce que ça leur fait peur, ces rassemblements. C’est sûrement vrai, parce que souvent on voit des gens qui se détournent qui s’en vont vite fait, ils croient que c’est la révolution. Ils sont bêtes. C’est juste notre dimanche. Le jour du seigneur. Le jour où on a de la chance.

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